top of page

Ciné-débat à Harol le 5 février 2022 : Sous les étoiles de Paris


Ça te parle le monde d’en bas, à Paris, la nuit ?


C’est un monde de bruits, rempli de silences, de froissements de couverture, de pages tournées, de mécaniques roulées...et de rituels, de toilettes de chat, de train-train, de bouts de chandelles précieux, mélangés à la féerie des ombres et lumières. Pour qui sait voir, il y a une vie la nuit, et la nécessité d’une vigilance pour cette vie, alors peut-être que le sommeil aura lieu...

Le jour ? Ça émerge un peu, des chants d’oiseaux, quelques mots...comme des grognements d’animaux, ou tout au plus de répondeur automatique...Et d’un peu d’humain à humain, ça passe de « Va-t-en, y a personne ici », à «Mama», et «Toilà, moi, là»... à « Non mais, c’est quoi là?». Ça ressemble à un b-a ba de relation, mais au cœur du dépouillement, les « sans ciel » voient l’essentiel : il s’appelle « se nommer, prendre soin, se battre pour un autre, pour sa dignité ». Le trois fois rien se partage, pour du chaud, pour du beau, pour du propre, l’humour s’invente dans la récup, la culture laisse des traces, comme les séparations...mais pour réparer à tout prix, cette fois. Le temps d’un conte, où tout est compté.


Comme dans beaucoup de contes, la violence est là, celle de l’absence de communication entre deux mondes, celle de l’exclusion, de la pauvreté, encore plus dépouillée, par d’autres personnes précaires, mais aussi pour plus d’humanité... Ce film est le kaléidoscope d’un magnifique don d’un humain dans la pauvreté à un autre humain dans la pauvreté. Et ça rayonne en nos consciences... « Sous les Etoiles de Paris», ça marche... Même avec des pieds bousillés, ça donne sens à une vie d’aider quand on a besoin d’aide, de faire plus que des pieds etdes mains, mais aussi de la tête, pour faire se rejoindre le temps d’une histoire le monde d’en haut et celui d’en bas. Et la vraie vie semble venir du bas. Elle s’appelle Paris, il s’appelle Suli, elle Christine, et leur vie dans ce film a le goût d’évangile, le souvenir d’un lavement des pieds.


Ce film nous renvoie aux conséquences de certains retours à la frontière, à une société du gâchis, « Vous faîtes combien de temps avec un sachet de thé ? », à l’anonymat de la ville, à nos limites, « Saurais-je ouvrir les portes de mon foyer à un autre en détresse ?», à des dons sous condition, à des applications de la loi qui blessent l’humanité...Mais aussi à une résurrection, qui à partir du réel de la Croix, donne à voir l’Homme relevé.


Raphaëlle


Comments


bottom of page